« L'algorithme ne nous montre plus. » C'est la phrase que nous entendons le plus chez les dirigeants qui publient sur Instagram. Le problème vient rarement d'une sanction. Il vient d'un décalage entre ce que l'entreprise publie et ce qu'Instagram cherche à récompenser.
Et ce qu'Instagram récompense a changé. Le 31 décembre 2025, Adam Mosseri, le patron de la plateforme, a publié une note de fin d'année en vingt diapositives. Son message : à l'ère des images générées par IA, les visuels parfaits ne valent plus grand-chose. Ce qui compte, c'est ce que vous seul pouvez montrer.
Plusieurs algorithmes, pas un seul
Instagram l'a expliqué dans « Instagram Ranking Explained » : le fil, les stories, l'onglet Explorer et les Reels ont chacun leur propre classement.
- Vos abonnés vous voient surtout dans le fil et les stories, selon leurs interactions passées avec votre compte.
- Vos futurs clients vous découvrent par les Reels et l'onglet Explorer, selon la popularité et l'intérêt de chaque contenu.
Un compte qui ne travaille que pour ses abonnés tourne en rond. Un compte qui veut des clients doit être recommandé à des gens qui ne le connaissent pas encore.
Les signaux qui comptent
Adam Mosseri a cité à plusieurs reprises les trois signaux les plus importants : le temps de visionnage, les likes et les envois en message privé.
Le temps de visionnage. Une vidéo regardée jusqu'au bout est un signal fort. Une vidéo quittée après deux secondes en est un mauvais. Les deux premières secondes décident presque de tout.
Les envois. Quand quelqu'un envoie votre publication à un ami, il vous recommande personnellement. C'est le signal le plus précieux pour toucher des personnes qui ne vous suivent pas. Dans sa note, Mosseri le constate : aujourd'hui, les gens partagent surtout en message privé.
Les likes. Ils restent utiles auprès de vos abonnés. Un contenu très liké et jamais partagé, en revanche, touche rarement de nouvelles personnes.
La fin du compte trop parfait
La note de Mosseri marque un tournant. Il y écrit que l'authenticité devient « une ressource rare », et que le contenu brut sert désormais de preuve : la preuve qu'une vraie personne, une vraie entreprise, est derrière. Il annonce aussi qu'Instagram va continuer d'améliorer le classement des contenus originaux.
La plateforme l'appliquait déjà. Depuis 2024, les comptes qui republient régulièrement des contenus créés par d'autres peuvent être retirés des recommandations.
Pour une entreprise, c'est une bonne nouvelle. Vos coulisses, votre savoir-faire, vos réalisations et vos clients sont des contenus que personne ne peut copier. Le défi consiste à les montrer de façon à la fois authentique et soignée, sans tomber dans l'amateurisme. C'est un équilibre fin, et c'est là que se joue la différence entre un compte qui grandit et un compte qui stagne.
Ce qui ne sert à rien
- Chercher l'heure parfaite. Elle pèse beaucoup moins que la qualité du contenu.
- Les longues listes de hashtags. Quelques mots-clés bien choisis dans la légende décrivent mieux votre publication.
- Acheter des abonnés. Ces comptes n'interagissent pas, votre taux d'engagement baisse, et votre diffusion avec.
- Republier les vidéos des autres. Instagram peut vous retirer des recommandations.
Ce que nous faisons
Les principes tiennent en quelques lignes. Leur application demande une méthode : choisir les sujets que votre clientèle a envie de partager, écrire les accroches, trouver le bon format pour chaque message, lire les statistiques qui comptent (partages, durée de visionnage, visites du profil), puis ajuster chaque mois.
C'est ce travail que nous menons pour les comptes que nous gérons. Si votre compte stagne, le diagnostic offert permet d'identifier ce qui bloque sa diffusion.
Sources
- Instagram : Instagram Ranking Explained
- Om Malik : Ce que dit vraiment Adam Mosseri dans sa note de fin d'année
- Search Engine Journal : Instagram favorise les contenus originaux